Depuis 35 ans, j’avais perdu l’audition de mes deux oreilles , mais avec un appareil à l’oreille gauche, j’arrivai à comprendre moyennement quelques paroles ; je faisais répéter régulièrement ce que l’on me disait , mais peu à peu je me suis tourné dans la solitude ; je ne participais plus aux conversations pendant les fêtes de famille et réunions ; malgré que ma famille et mes amis fassent le maximum pour m’aider, je me suis replié sur moi-même ; bien sûr pour certaines personnes, il y avait à mon encontre des soupirs, des grimaces et des réflexions de mauvais goût.

Devenir sourde profonde…….un parcours de vie !   

Partager son parcours de vie et peut-être aider d’autres personnes à prendre la bonne décision, afin de surmonter les difficultés de la surdité profonde, reste l’objectif de mon témoignage. Je constate que j’ai toujours eu, malgré mes problèmes d’oreilles depuis l’enfance, beaucoup de chance !

J'ai brutalement perdu l'audition de l'oreille droite en 2001 à la suite d'une fracture du rocher (je suis tout bêtement tombée en arrière « du haut de ma hauteur » : malaise vagal.)
Par la même occasion une « commotion labyrinthique »a entraîné une perte importante d'audition à gauche, mais j'étais appareillable. Toutefois ma carrière de professeur d'anglais était terminée (je n'avais que 53 ans)

J'ai bénéficié d'un implant cochléaire ( Cochlear ) le 6 mars et dès le branchement ,le 26 avril, ma vie a changé .

 Arrivée au terme des séances d'orthophonie et de réglages, il faut que je vous dise combien je suis heureuse d'être sortie d'un silence pesant et angoissant que les appareils auditifs ne parvenaient plus à compenser .

 Grâce au professionnalisme et à l'efficacité de toute une équipe: Monsieur le Professeur Mom,chirurgien ORL à Clermont-Ferrand; madame Le Calvez ,orthophoniste et monsieur Ménétrier, pour les réglages, j'ai retrouvé, avec bonheur et en six mois, plus de 90%de l'audtion perdue progressivement dès 1989 !

Je leur en suis très reconnaissante et les remercie infiniment.

 

Je m'appelle Isabelle, j'ai 48 ans et je suis malentendante depuis mon plus jeune âge.

 

Implantée depuis le 14 octobre 2011, je désire partager mon expérience pour aider d'autres malentendants.

J'ai été appareillé de façon classique et bilatérale à l'âge de 11 ans. J'ai suivi grâce à cela une scolarité en milieu ordinaire, j'ai toujours vécu avec des entendants. Mon mari et mes enfants n'ont aucun problème auditif.

Témoignage concernant l'implantation cochléaire bilatérale.


Je m'appelle Christine j'ai 48 ans dont 28 de surdité. Née entendante , j'ai commencé à perdre progressivement l'audition à l'âge de 19 ans . A cette époque je suivais  mes études d'orthophonie et malgré les difficultés présentes et à venir j'ai passé mon diplôme avec le projet de travailler dans le domaine de la surdité.

Je suis malentendant depuis ma naissance, car je suis né à 7 mois et j'ai passé 2 mois en couveuse. Mes parents se sont aperçu de ma surdité à l'age de 6 ans, car je faisais souvent des angines et otites.

Je m'appelle Frédéric, j'ai 29 ans, j'ai une surdité congénitale bilatérale profonde depuis la naissance et j'ai été appareillé à l'âge de 4 ans.

Je suis né sourd bi-latéral total en mars 1995, à Nîmes. On m'a découvert sourd à l'âge de 9 mois, je ne me retournais pas quand on m'appelait, je dormais toujours quand il y a eu un bruit, et j'avais pas beaucoup d'équilibre, j'ai marché à 2 pas tardivement. Depuis qu'on ma diagnostiqué sourd, on m'a conseillé de porter deux prothèses auditifs. Je ne les supportais pas, je les jetais, cela ne m'aidait pas. Il a fallu attendre plusieurs mois pour l'implantation, car à cet âge là, et à cette époque, c'était beaucoup trop tôt.

Robert, mars 2013, retour sur un parcours semé d'embûches après une première implantation en 2006.

Sur ce forum, nombreux sont les témoignages de satisfaction prouvant, s'il en était besoin, l'apport bénéfique de cette technique médicale aux sourds que nous sommes.

Il est toutefois regrettable que ne s'expriment que trop rarement les implantés qui n'ont pas obtenu les résultats escomptés.

C’est moi qui ai découvert ma surdité à l’âge de 11 ans, mais elle devait être plus ancienne puisque je peux affirmer que je n’ai jamais perçu de son aigüe (la vieille pendule de mon père me le confirme avec son sonne heure aigüe) et ils sont très important dans la compréhension de la parole.

C’est pour cela que je trouve que le dépistage précoce de l’audition est une bonne chose, peut-être qu’il m’aurait évité d’aller d’échec en échec.

Après bien des examens le verdict est tombé : surdité évolutive des deux oreilles, d’origine non connue à ce jour.

A douze ans je portais deux prothèses auditives, et très vite je n’entendais plus sans.
J’ai suivi une scolarité en milieu ordinaire, et arrivée en classe de 5ème j’ai été orientée en LEP dans un domaine que je n’avais pas choisi : avec juste la moyenne, on ne vous demande pas votre avis ...

Un professeur m’a fait changer d’orientation un an après, j’ai préparé pendant deux ans un CAP couture. Puis, comme je ne pouvais plus suivre, on m’a orienté en CFA sans plus de renseignements, j’ai donc abandonné l’école et commencé à travailler.

Mon audition était de plus en plus mauvaise, on ne se rendait pas compte de mon handicap, moi-même je ne l’ai jamais accepté. Et il n’y avait pas les moyens de communication d’aujourd’hui, je me suis isolée de plus en plus tellement la fatigue était intense.

Jusqu’au jour où je me suis aperçue que mon travail ne me plaisait plus : j’ai décidé de changer d’orientation. Ça a été difficile bien sûr, des gens m’ont aidé et je ne leurs ai pas toujours bien rendu, je me suis aperçue que j’étais illettrée avec des pertes de mémoires qui m’handicapais encore plus.

Puis arriva l’an 2000 c’est là que le CHU de Besançon m’a parlé de l’implant cochléaire. J’ai passé plusieurs tests (orthophonique, psychologique ainsi qu’un scanner) qui se sont révélés positif. Après m’avoir expliqué à quoi m’attendre au mieux et au pire, on m’a fait prendre contact avec 3 personnes déjà implantées qui dans l’ensemble en était assez satisfaites, on m’a remis un livret d’explications, et j’ai accepté de tenter ma chance : on m’a inscrite sur la liste d’attente pour l'opération.

J'ai été implantée à l’oreille gauche avec un implant Cochlear Esprit 3G en mai 2002 par le professeur Chobaut à Besançon. Je me souviens plus très bien, mais l’hospitalisation a été courte et je n’ai eu ni vertige, ni plus de maux de tête que d’habitude. La cicatrice à la tête et derrière l’oreille paraissait impressionnante, mais l’avantage, c’est qu’on peut tourner la tête sans que ça tire. Le seul mauvais souvenir c’est le jour de l’enlèvement des fils. Et aussi un peu plus tard lorsqu’une antenne équipée d'un aimant trop puissant m’avait irritée la peau : j’avais dû me passer de mon contour d’oreille pendant plus de trois semaines.

La mise en route s’est faite un mois plus tard, mon orthophoniste m’a dit "vous n’avez pas l’air d’être contente" je lui ai répondu "c’est étonnant". Le son était vraiment moche : les personnes qui parlent ou froissent du papier c'était la même chose, le même son métallique. J’étais contente d’avoir gardé ma prothèse auditive à l’autre oreille ça m’a permis de m’orienter plus facilement.

Dès ce réglage fini, première rééducation et là aussi incroyable que cela soit j’ai pu entendre quelques mots : j’en suis ressortie contente.

Puios, au fil des rééducations et réglages le son est devenu plus beau j’ai réentendu les moineaux, le merle, la pie et aussi des bruits que j’avais oublié tel que le tic-tac de l’horloge.

Dans l’ensemble j’ai fini par obtenir de bons résultats. Mon orthophoniste m'a beaucoup aidé, avec plus de 2 ans d’une rééducation soutenue. Un jour, une conseillère à l’emploi m’a dit vous pouvez arrêter et faire des exercices chez vous : ça m’a énervé car elle ne savait pas de quoi elle parlait ! Si ça s’appelle rééducation, ce n’est pas pour rien ? On y travaille dur, comme pour toute rééducation quelle qu’elle soit.

Ce premier implant m’a permis de mieux entendre, mais ça a toujours été difficile dans le bruit et dans la vie de tous les jours je ne suis jamais vraiment arrivée à comprendre sans lecture labiale. Cependant il m’a aussi permis d’apprendre l’informatique. Mais en ai-je trop appris d’un coup ? les écrans d’ordinateur de l’époque faisait-il trop d’ondes ? mes nerfs ont lâché ? mon implant s’est déplacé ? J'ai constaté que mon audition n’était plus si bonne. L'implant fonctionnait encore, mais n’a jamais retrouvé ses meilleurs résultats. Malgré tout j’entends mieux qu’avec la prothèse auditive que j’ai gardé à droite jusqu’en 200. Cette dernière ne me servant plus à rien je décide de la retirer, et contre toute attente on me propose un second implant. J’ai hésité un cours instant et accepté cette deuxième chance.

J'ai été implantée à l’oreille droite d’un implant Cochléar CP 810 en mai 2010, par le Pr Chobaut à l’hôpital de Besançon comme pour le premier.

Je n’ai eu ni vertige ni maux de tête et cette fois-ci, l’enlèvement des fils s’est passé en douceur. Trois semaines plus tard on me le branchait. Mais j’étais encore un peu fatiguée de cette opération qui m’avait fait perdre un peu le sommeil.

Je m’attendais à une mise en route un peu surprenante comme la première fois, mais cette fois ci, je n’ai pas perçu de bruit métallique. Des sons aigües c’est vrai, mais bien plus beaux que lors du couplage du premier implant ! Quand mon audioprothésiste m’a parlé j’ai trouvé tout trop fort, il a vite baissé le volume, l’audiogramme s’est révélé mauvais, mon docteur a voulu vérifier en me disant 2 mots sans lecture labiale, j’ai pu les répéter je ne me suis pas rendue compte combien c’était génial.

Le Pr Chobaut avait raison cet implant allait me plaire, et la touche sensibilité du CP 810 est l’innovation que je n’osais espérer par rapport à l'Esprit-3G : elle permet d’être moins agressé par les bruits.

La rééducation a été plus facile au fil des réglages : avec mon orthophoniste on a pu faire beaucoup plus de chose qu’avec le premier implant, en particulier travailler l'écoute dans le bruit et le téléphone. Je reconnais que le téléphone ne m’est pas familier et me fait toujours stresser, mais je réponds à mes proches.

Aujourd’hui je peux dire que cet implant m’a changé la vie, malgré que je reste malentendante : maintenant je suis sure de ce que l’on me dit. Mon premier implant, qui n’est pas aussi performant que le second, a malgré tout son utilité : ensemble il se complètent, même si souvent je l’éteins pour mieux comprendre les films qui sont doublés et aussi dans des situations où je n’ai pas le réflexe ou la possibilité de régler la sensibilité (comme le processeur Esprit 3 G du premier implant a été remplacé par un processeur CP 810 en 2011, il dispose désormais des mêmes possibilités de réglage).

Quand je suis à la campagne je remarque que les chants d’oiseaux sont beaucoup plus nets et nombreux qu’avec un seul. Mon répertoire de musique qui s’était arrêté avant les années 90 se recompile à nouveau, la musique est importante pour moi, il n’y avait qu’elle pour calmer mes angoisses.

C’est vrai que le soir quand on met à sécher les contours d’oreilles dans la boite de déshumidification, on se retrouve dans le silence. Mais c’est justement ces implants qui m’ont fait accepter de ne plus avoir peur du silence comme autrefois. Et des fois je me dis que c’est là le seul avantage qu’on a sur les entendants pouvoir couper le son.

Finalement j’y ai mis beaucoup d’énergie et je ne sais pas de quoi sera fait demain mais je vais tacher d’en prendre soin, devenir plus sociable j’y travaille, ainsi qu’avoir à nouveau une place dans la société.
Je ne mentionnerai personne, j’ai toujours eu du mal avec les noms propres mais je remercie toutes les personnes qui ont rendu possible cette renaissance.

J 'avais 25 ans quand mon audition a décidé de me lâcher doucement mais surement, de façon si insidieuse que je n'ai pas été véritablement génée les premières années qui ont suivi.

Pour mon 50ème anniversaire, mon cadeau a été une prothèse auditive.
J'étais très contente mais mon audition a continué de chuter brutalement et très rapidement.


Je m'appelle Philippe, j'ai 51 ans
J'ai eu un premier problème de diminution d'audition à gauche en 1997, mais je n'y ai guère prêté attention; puis, cela s'est aggravé en 2005 avec une diminution rapide et importante de l'audition de mon oreille droite. Ma situation est un peu particulière car je suis médecin, professeur de médecine et chef de service dans un Centre Hospitalier Universitaire;

Je m'appelle Thierry, j'ai 36 ans. Je suis devenu sourd à l'âge de 13 ans. Une erreur médicale mais non avouée jusque là.

Je m’appelle Mikaël, j’ai 35 ans et je suis de Sin le Noble dans le Nord.

Je suis atteint d’une surdité congénitale de perception bilatérale profonde. Plus précisément, surdité profonde au 3ème degré à l’oreille droite avec une perte de 110 dB et surdité moyenne à l’oreille gauche avec une perte de 60 dB.