Je viens d'avoir 40 ans et viens de faire implanter ma 2ème oreille le 25 septembre 2025. Ma surdité est une longue histoire car on l’a découverte quand j’étais enfant, j’ai eu des contours classiques puis implant BAHA (petite vis dans l’os sur lequel je mettais un autre appareil nouvelle génération). Cela ne m'a pas empêchée de faire des études et de travailler comme gestionnaire de documentation et archivage.
Tout se passait bien, jusque fin 2022 où j’ai commencé à déprimer, je me posais beaucoup de questions sur mon audition, on ne me proposait rien de mieux car le médecin qui me suivait considérait que je m'en sortais, j'ai considérablement maigri en quelques semaines. Mon mari m’a dit « tu ne veux pas consulter l’audioprothésiste dont nous a parlé notre copain Guillaume (un ami opticien qui travaille en collaboration avec elle). Il s’est heurté un refus catégorique « ah non ! ras le bol, tous des incapables ! » Vient le printemps 2023 et on en reparle, je me décide à suivre le conseil de mon mari, on va chez la fameuse audioprothésiste, elle fait des tests et me dit, très gentiment « je vous recommande la Pitié Salpétrière, il y a un centre spécialisé, ils auront des solutions pour vous ». Au fond de moi je soupirais « ah bon », genre « tu parles ». Au bout de quelques semaines je prends rdv au centre, fixé en juin.
J’y arrive, tranquille mais impressionnée, dans cette ville dans la ville, je vois du personnel accueillant, ça me motive. Le médecin, une jeune femme, m’appelle « mme Houzé », je réponds « c’est moi ». Elle me demande, étonnée « vous avez des problèmes d’audition » ?
Moi « oui, pourquoi » ? « Parce que vous m’avez entendu vous appeler » Moi au fond de moi « d’accord, je suis tombée ou encore". On fait un audiogramme (tonal et vocal), je ne répète aucun mot, rien de rien à gauche, je répète des choses à droite, tout va bien de ce côté.
Je reviens dans le bureau du médecin qui me dit, « à droite ça va on arrive encore à corriger, à gauche pas du tout, il faudra faire une implantation cochléaire et les séances d’orthophonie pour récupérer le maximum », elle m’explique en quoi ça consiste, je vois l’infirmière qui me prévoit tout le protocole d’examens et de bilan orthophonique, je dis, "bon si ça marche vraiment, je prends". Il faut quelques mois pour passer tous les examens et faire le bilan orthophonique, aussi je passe un été cool avec un super stage de chant qui m'a requinquée.
En septembre, me voilà acceptée et éligible (il faut un staff composé d’une infirmière, du médecin et de l’orthophoniste qui valide l’implantation) ! Le 14 décembre 2023 je passe sur le billard. Je me réveille complètement flagada mais bon normal, tout va bien j’avais faim ! Je suis sortie le lendemain, et ai attendu patiemment 3 semaines l’activation de choc. Suspense, l’audioprothésiste, très enthousiaste et pêchue, me branche…Bip bip bip, ah oui quand même ! Elle me dit répétez les mots, je répète les mois de l’année, les fruits, les jours de la semaine que j’entends, à fond ! elle fait "c’est SUPER" ! Puis je suis sagement tout le parcours de réglage pendant 1 an, l’orthophoniste de suivi arrête les séances de rééducation au bout de 6 mois au lieu d’1 an, car j’étais "trop forte". Me voici au bilan d’un an d’implantation je récupère tellement bien à gauche que l’audioprothésiste me prend par l’épaule, non pas de RDV dans 1 an, on fait la droite je ne vous laisserai pas comme ça, c’est trop bien. L’aide-soignante qui me programme le RDV pour un nouveau bilan me dit en rigolant « vous n’avez pas trop le choix en fait », moi, « je sais je suis une célébrité ».
Et rebelote dans un premier temps le médecin me retire au bloc la petite vis pour pouvoir laisser place plus tard à l’implant cochléaire, en avril 2025. Le temps que ça cicatrise complètement, je suis bonne à attendre le 25 septembre pour repasser sur le billard. M'y voilà au bloc, avant de m'endormir l'infirmier me dit "pensez à quelque chose d'agréable, je penseaux blagues"pourries" de mes collègues (mais indispensables pour égayer mes journées quand ils s'y mettent). Je me réveille comme une fleur, je me sens ligotée et ne supporte pas, j’ai envie de me lever déjà et partir ! Je regarde ce qui se passe autour, je pose des questions. On m'amène faire le scanner, je passe fièrement devant les autres, je frime. Mon mari arrive (après s'être trompé d'étage, il s'est retrouvé près des blocs) il faut dire que c'est grand. Ouf, je sors le soir et je suis contente et pète la forme. 3 semaines après, arrive le grand jour de l’activation et contrairement à la gauche, je répète même des phrases au bout de 10 minutes, « vous êtes trop forte vraiment" ! Je poursuis mes séances d’orthophonie que je fais dès la 1ère fois intégralement dans le bruit, car dans le silence c'est déjà très bien. L’orthophoniste, toujours aussi enthousiaste, me dit que cela ne devrait pas durer 6 mois. En janvier lors du bilan du 1er semestre, l'orthophoniste me dit "vous connaissez les mots par cœur ? C'est incroyable". Je réponds avec un petit sourire, j'ai beaucoup de mémoire mais non. (Je n'ai pas archivé les tests, il ne faut pas pousser, quoique, mais pas triche.) L'audioprothésiste regarde ensuite les résultats et me dit vous vous êtes vraiment géniale.
Bon, eh bien continuons ! La vie est plus belle et plus agréable !
Je voulais dire à ceux qui doutent et qui ne savent pas quoi faire, n’hésitez pas à en parler et insister autour de vous, consulter d'autres personnes si pour avoir des avis différents, il y a toujours des solutions dans la vie, que ce soit l’implant cochléaire ou autre chose !